Moins de risque d’allergie chez les enfants avec un animal à la maison ?

Moins de risque d’allergie chez les enfants avec un animal à la maison ?
© Shutterstock

On savait déjà que les chiens permettent de faire baisser la tension artérielle, peuvent anticiper des crises d’épilepsie, détecter des cancers à une phase précoce d’évolution, améliorer les capacités relationnelles des personnes âgées… Des études récentes tendent à montrer maintenant que la présence d’un animal de compagnie dans une maison où vit un bébé pourrait faire baisser son risque de devenir allergique ! 

La prévalence des maladies allergiques de tous ordres a considérablement augmenté dans les pays industrialisés au cours des 30 dernières années : 25 à 30 % de la population est concernée et environ 3 % de la population française serait allergique aux poils d’animaux domestiques. Les poils de chat sont l’une des causes les plus fréquentes d’allergie respiratoire dans le monde. Les allergies aux poils de chien sont moins fréquentes.

Les nourrissons sont plus tolérants qu’on ne le croyait

On a longtemps pensé qu’il existait une relation entre le développement d’une allergie et l’exposition précoce aux allergènes respirés. Il était donc conseillé d’éviter d’exposer les bébés à des allergènes potentiels, comme par exemple les poils d’animaux. Au moins deux études récentes montre le contraire : des enfants vivant dans la proximité d’animaux durant la première année de leur vie n’ont pas un risque d’allergie supérieur, bien au contraire !

1.Les bébés vivant avec un animal ont moins d’infections respiratoires

Des chercheurs de l’Université de Kuopio, en Finlande, ont suivi 397 enfants nouveaux-nés jusqu’à l’âge de 1 an et ont calculé le nombre de contacts qu’ils avaient pu avoir avec des chiens, d’après le témoignage de leurs parents. Ils ont constaté une grande fréquence d’infections respiratoires bénignes chez tous les enfants mais ceux qui avaient eu des contacts fréquents avec des chiens avaient souffert d’épisodes moins nombreux, avaient présenté moins de symptômes et avaient eu besoin de moins d’antibiotiques ! L’incidence des otites était aussi considérablement diminuée. Plus les contacts avec l’animal étaient fréquents, plus l’effet protecteur était net.

2. Risque allergique diminué de moitié si un chat vit à la maison

Une autre étude, américaine celle-là, a été menée sur environ 560 enfants vivant dans la région de Détroit, de leur naissance à l’âge de 18 ans. Les conclusions sont étonnantes : la présence d’un chat à la maison au moment de l’arrivée du bébé réduit de moitié son risque d’être allergique plus tard ! Ce risque était également divisé par deux pour les garçons vivant dans une maison avec un chien, bizarrement pas pour les filles. Les contacts entre l’enfant et l’animal pendant la première année sont considérés comme les plus bénéfiques.

Cette publication montre aussi que la présence d’un animal « profite » particulièrement aux bébés nés par césarienne : la probabilité d’être allergiques diminue chez eux de 67 % si ils ont vécu à côté d’un chien pendant leur première année. Selon les auteurs, les bébés nés par césarienne présentent en effet un facteur de risque supplémentaire vis-à-vis des allergies : leur système immunitaire n’est pas stimulé par la contamination bactérienne naturelle qui a lieu lors de naissance par les voies naturelles.


Ces observations montrent qu’il serait absolument inutile, voire nuisible à l’enfant, de renoncer à posséder un animal à la maison sous prétexte de protéger le bébé du risque d’allergie ! Plus tôt il est en contact avec lui (avant 2 ans de préférence) mieux c’est ; l’exposition à plusieurs chats ou chiens serait encore plus efficace pour prévenir le développement d’une sensibilisation allergique et de troubles respiratoires