Diabète félin, le chat aussi !
Ne pas se laisser impressionner par les piqûres d’insuline !

Diabète félin, le chat aussi !
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Un chat sur 100 à 250 serait diabétique et la fréquence de cette maladie ne cesse d’augmenter. De nombreux chats doivent donc être traités grâce à des injections quotidiennes d’insuline et cela effraye les propriétaires. À tel point qu’un chat sur dix est euthanasié immédiatement une fois le diagnostic de diabète annoncé et un chat sur dix l’est au cours de l’année suivante, le plus souvent parce que le traitement n’est pas bien suivi.

Le diabète est pourtant une maladie relativement aisée à gérer quand on accepte d’apprendre les quelques gestes à faire pour soigner son chat. D’ailleurs, les propriétaires acceptent plus volontiers l’insulinothérapie lorsqu’un de leurs proches est lui-même diabétique. Il est important de consacrer du temps au début à se « former » pour éviter des erreurs qui pourraient coûter cher à la santé du chat.

Objectifs du traitement

Un traitement par l’insuline vise à limiter l’accumulation du sucre (glucose) dans le sang et ainsi à faire disparaître les symptômes du diabète pendant le reste de la vie de l’animal. (En général, un chat diabétique boit et urine beaucoup, maigrit, ne marche plus normalement et/ou présente des troubles nerveux…). Cet objectif peut être atteint en un à deux mois si le traitement est bien réalisé.

Réalisation des injections d’insuline

Les injections d’insuline sont à faire sous la peau une à deux fois par jour selon le type d’insuline administrée. Les seringues à insuline ont des aiguilles très fines qui permettent de réaliser facilement ces injections. Il suffit d’apprendre à les faire avec le vétérinaire, pour qu’il vous montre comment préparer la seringue, mesurer le volume à injecter et où piquer la peau. Il est important de réaliser ces gestes devant lui, pendant une consultation, pour oser le faire seul ensuite.

Respect des horaires et des conditions de conservation de l’insuline

La régularité des administrations est importante pour l’efficacité du traitement. Une routine doit se mettre rapidement en place, qui facilitera la mémorisation de l’heure des injections.

En revanche, contrairement aux chiens, on laisse en général les chats manger à volonté pendant la journée. C’est plus naturel pour eux de « grignoter » que de faire un ou deux gros repas par jour. Ce type d’alimentation ne compromet pas l’efficacité du traitement.

Avant ouverture, un flacon d’insuline se conserve au réfrigérateur, entre 2 et 8 °C. Certaines spécialités vétérinaires peuvent en revanche être conservées à température ambiante (< 25 °C), une fois le flacon entamé, ce qui facilite la vie en cas de déplacement avec l’animal.

Suivi vétérinaire régulier

Le même traitement peut entraîner des réponses très différentes chez les animaux en fonction des sensibilités individuelles. Une visite vétérinaire hebdomadaire est donc nécessaire pendant un à deux mois pour adapter les doses d’insuline si nécessaire. Un suivi trimestriel sera ensuite suffisant si vous suivez le traitement à la lettre et que vous surveillez bien votre animal.

Pendant les visites de contrôle, il est très important de poser des questions pratiques au vétérinaire à propos du déroulement des injections mais aussi de l’alimentation du chat, de ce qu’il faut surveiller chez lui, etc. Vos observations seront très utiles au clinicien pour qu’il sache s’il faut faire d’autres analyses ou modifier le traitement du chat.

Mesures à domicile

Si vous souhaitez vous impliquer encore plus dans le traitement de votre chat diabétique, vous pouvez suivre plusieurs paramètres chez vous, pour vérifier que tout va bien chez votre animal. Ce suivi est évidemment à mettre en place avec votre vétérinaire. Demandez-lui d’écrire de manière détaillée les informations importantes à retenir pour éviter les erreurs.

Comportement du chat

Quantité d’eau bue par le chat, quantité d’aliment consommé, évolution du poids, fréquence de l’élimination urinaire, démarche du chat, comportement général (…), tous ces paramètres sont importants à surveiller pour vérifier que le diabète du chat est bien contrôlé par son traitement.

Analyse d’urine

Des bandelettes en papier imprégné de réactifs particuliers permettent de mesurer le taux de sucre dans l’urine (glycosurie). Ces bandelettes urinaires peuvent être utilisées comme « sentinelles », en faisant un test une fois par semaine. Chez un chat diabétique, même soigné par insuline, il y a toujours un peu de sucre dans l’urine mais le taux doit rester modéré. Si aucune trace de glucose n’est détectée dans l’urine à l’heure où une injection est prévue, et ceci plusieurs fois de suite, les doses d’insuline sont sans doute à revoir à la baisse. Le taux de glucose est sans doute trop bas dans le sang et il est probable que le chat soit même régulièrement en état d’hypoglycémie.

Courbes de glycémie

Il est très intéressant de suivre les variations du taux de glucose sanguin chez un chat diabétique. Les mesures faites à domicile sont souvent plus fiables que celles faites à la clinique car le chat est un animal très sensible au stress ; la seule vue du vétérinaire fait monter sa glycémie !

De plus, les mesures peuvent être répétées plus souvent quand elles sont faites à la maison.

Pour mesurer la glycémie, il est nécessaire de prélever une goutte de sang chez le chat. Le plus simple est de faire le prélèvement à la face interne du pavillon de l’oreille.

Pour simplifier votre tâche, le vétérinaire vous donnera tout le matériel nécessaire : un dispositif pour prélever automatiquement le sang à l’oreille et un petit appareil d’analyse, appelé glucomètre, dont il existe plusieurs modèles adaptés aux chats.

Les résultats seront ensuite reportés sur un graphique pour vérifier si la glycémie reste à l’intérieur d’une fourchette compatible avec la santé du chat.


Selon les études, le traitement à l’insuline des chats diabétiques peut être interrompu dans 40 à 80 % des cas après quelques semaines ou quelques mois car l’état du chat s’améliore. C’est quand l’insulinothérapie initiale a été commencée tôt et de manière intensive que le taux de rémission est le meilleur, probablement parce que le pancréas qui produit l’insuline est réactivé, au moins de manière provisoire.